Retrouver une assise territoriale : le ralliement des anciennes colonies de l’Empire français

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 Brazzaville et les hauts lieux de la France Libre

 

Source : Editions Canopé © Droits réservés – Téléchargement

Présentation

Ce document est une carte récente de Brazzaville pendant la Seconde Guerre mondiale. Fondée par Pierre Savorgnan de Brazza lors de la colonisation du Congo dans les années 1880, la ville coloniale devient la capitale de l’« Afrique française libre » à l’été 1940. Elle reçoit alors les attributs d’une capitale, mais provisoire : lieux de pouvoir, infrastructures militaires, installations de radio. Si Londres est en effet la ville d’où de Gaulle organise la France Libre, l’Afrique Équatoriale française est la véritable assise territoriale du pouvoir gaulliste. C’est pourtant une capitale oubliée.

Contextualisation

Dès l’appel du 18 juin, de Gaulle a affirmé la nécessité de reprendre le combat. Il faut le faire du seul endroit hors de portée de l’Allemagne, l’empire colonial français. En août 1940, le ralliement du Tchad de Félix Eboué, puis la prise de contrôle audacieuse du Cameroun et du Moyen-Congo par les généraux Philippe Leclerc et Edgard de Larminat donnent à la France Libre le seul territoire qu’elle contrôle jusqu’au débarquement en Afrique du Nord en novembre 1942. Le 28 août 1940, Brazzaville devient dès lors la nouvelle capitale de la France Libre, une situation confirmée à l’automne, quand le général de Gaulle y installe le siège du Conseil de Défense de l’Empire.

Analyse

En 1940, la ville de Brazzaville ne peut certainement pas rivaliser avec Londres. Elle compte 50 000 habitants, dont une petite colonie de moins de deux mille Français blancs, et présente toutes les caractéristiques d’une ville coloniale, avec son quartier européen, « le Plateau », et ses quartiers dits indigènes, Bacongo et Poto-Poto. Située à l’intérieur des terres, sur les rives du fleuve Congo, elle est reliée à Pointe-Noire, sur le littoral du Golfe de Guinée, par une ligne de chemin de fer bien visible sur la carte, et qui a été construite au prix, dira l’écrivain André Gide, d’« un mort par travée ». En 1940, elle n’en devient pas moins la capitale de la France Libre jusqu’à l’installation effective du Comité Français de Libération nationale (CFLN) à Alger en juin 1943.

Le 27 octobre 1940, de Gaulle y prononce le « manifeste de Brazzaville » dans lequel il annonce la mise en place d’un « pouvoir nouveau ». Qui dit capitale, dit résidence présidentielle : en mai 1941 commence la construction de la « case de Gaulle », une vaste demeure à proximité du fleuve, digne d’un chef d’État. Très vite, l’« Afrique française libre » apporte à de Gaulle des troupes (environ 17 000 hommes, soit plus du tiers des effectifs de la France Libre), des ressources naturelles (or et caoutchouc), des impôts et un poste émetteur, essentiel dans la guerre des ondes : c’est de là qu’émet en effet Radio-Brazzaville à partir de décembre 1940 (n°1 sur la carte). Cette France Libre africaine a été redécouverte par les historiens.

Ressources complémentaires :

 

Bibliographie

Robert Bourgi, Le général de Gaulle et l’Afrique noire 1940-1969, Paris, LGDJ, 1980.

Jean-Paul Cointet, « Le Manifeste de Brazzaville, 27 octobre 1940 », Espoir n°73, 1990.

Eric Jennings, La France Libre fut africaine, Paris, Perrin/Ministère de la Défense, 2010.

Sitographie

« Brazzaville, capitale de la France Libre », www.reseau-canope.fr/enseigner-la-resistance/#/D153

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